<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Quartier proche</title><link>http://quartierproche.canalblog.com/</link><description>R&#xe9;cit d&apos;une vie ordinaire</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 07 Sep 2008 00:40:03 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title></title><dc:creator>disparu</dc:creator><link>http://quartierproche.canalblog.com/archives/2005/07/19/663625.html</link><comments>http://quartierproche.canalblog.com/archives/2005/07/19/663625.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://quartierproche.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/663625/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://quartierproche.canalblog.com/archives/2005/07/19/663625.html</guid><description>&lt;p&gt;Je ne revis Matthieu qu&apos;&#xe0; deux occasions, lorsqu&apos;il vint me voir pendant les vacances scolaires d&apos;automne et d&apos;hiver. La distance &#xe9;tait difficile &#xe0; tenir, autant pour lui que pour moi. Nos retrouvailles furent pr&#xe9;cieuses, mais la s&#xe9;paration avait rapidement fait de l&apos;ombre &#xe0; la courte histoire que nous avions en commun, et la vie de chacun avait repris ses droits. Les appels se firent toujours plus rares, les courriers &#xe9;galement, et Matthieu m&apos;annon&#xe7;a au printemps ne pas pouvoir venir me voir. Je n&apos;eus pas besoin d&apos;insister pour comprendre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mes parents et moi avions recommenc&#xe9; notre vie dans cette ville nouvelle. Il me fallut plusieurs mois pour comprendre tout ce qui s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9; avant notre d&#xe9;part, et saisir la port&#xe9;e des r&#xe9;v&#xe9;lations que m&apos;avait faites ma m&#xe8;re. Ce n&apos;est que pr&#xe8;s d&apos;une ann&#xe9;e plus tard qu&apos;un soir, alors que j&apos;&#xe9;tais rest&#xe9; seul &#xe0; la maison avec lui, mon p&#xe8;re s&apos;&#xe9;tait d&#xe9;cid&#xe9; &#xe0; me parler. De tout ce qu&apos;il avait d&#xfb; encaisser, de tout ce qu&apos;il ressentait pour moi et pour ma m&#xe8;re. Plus que jamais, il &#xe9;tait et resterait mon p&#xe8;re.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&apos;autre, le g&#xe9;niteur, Yvon, ne nous donna pas de nouvelles. Bien des ann&#xe9;es plus tard, nous appr&#xee;mes par un oncle lointain qu&apos;il avait quitt&#xe9; la verrerie pour se mettre &#xe0; son compte et qu&apos;il avait &#xe9;chou&#xe9;. Il vivait mis&#xe9;rablement et d&#xe9;pensait ses maigres allocations en quelques jours &#xe0; peine dans les bars de son quartier.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le m&#xea;me oncle nous apprit &#xe9;galement que Nicolas s&apos;&#xe9;tait mari&#xe9; et qu&apos;il avait repris en main la ferme de sa m&#xe8;re.&lt;br /&gt;Mes parents firent quelques fois le trajet pour retourner &#xab; l&#xe0;-haut &#xbb;, je refusais &#xe0; chaque fois de les accompagner. J&apos;avais r&#xe9;ussi mon bac et avais commenc&#xe9; des &#xe9;tudes de droit, sans grande conviction. J&apos;allais prendre un appartement en ville et sans &#xea;tre vraiment attach&#xe9; &#xe0; cette derni&#xe8;re, j&apos;en avais fait par d&#xe9;faut, ou par d&#xe9;pit, mon seul univers, mon refuge. J&apos;appr&#xe9;ciais les soir&#xe9;es &#xe9;tudiantes et les sorties nocturnes, et aimais me perdre le week-end dans les vapeurs de l&apos;alcool et la fum&#xe9;e des cigarettes. Je finissais souvent mes nuits seul, &#xe0; danser les yeux dans le vide, au fond d&apos;une discoth&#xe8;que d&#xe9;sert&#xe9;e, avant qu&apos;un serveur ne vienne me demander de partir. D&apos;autres fois, je repartais plus t&#xf4;t avec un gar&#xe7;on. Juste un corps &#xe0; serrer. &lt;br /&gt;Un matin, alors que je me r&#xe9;veillais chez un de ces amants de passage, dans le trouble de mon demi-sommeil, je vis un visage pench&#xe9; sur moi, qui me regardait en souriant. Sur ce visage m&apos;apparurent les traits d&apos;Olivier et de Matthieu, entrem&#xea;l&#xe9;s. &lt;br /&gt;Aujourd&apos;hui encore, je les revois quelquefois dans un geste ou un visage inconnu, et mon cœur se serre dans un vertige sans nom, alors qu&apos;un nuage vient obscurcir le ciel dans la lumi&#xe8;re de l&apos;&#xe9;t&#xe9; finissant. Et chaque ann&#xe9;e, septembre est assassin.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;</description><pubDate>Tue, 19 Jul 2005 09:47:35 GMT</pubDate></item></channel></rss>